PageGroup : le recrutement en pleine crise

Créé en 1976, PageGroup, leader du recrutement et de l’intérim spécialisés, compte 141 bureaux répartis dans 36 pays et emploie plus de 7 000 collaborateurs dont 750 basés en France. PageGroup recrute pour ses clients des collaborateurs en intérim, CDD et CDI à tous les niveaux d’expérience, du technicien au cadre dirigeant. Entretien avec Tanguy Prigent, Practice Manager de la division Ingénieurs et Techniciens en charge de la région Ile-de-France chez Page Personnel.
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Quelle est la situation de l’emploi de la maintenance industrielle en France ?

Tanguy Prigent : Avant la crise, on pouvait parler de plein emploi pour les techniciens de maintenance dans l’industrie car il y avait plus d’offres que de demandes. La pyramide des âges est, en effet, déséquilibrée dans les industries et cela touche particulièrement les techniciens. Le phénomène de départ en retraite des techniciens s’accentue depuis 4 ou 5 ans. En parallèle, moins de jeunes diplômés arrivent sur le marché car  les fonctions techniques et l’industrie en général disposent d’un déficit d’image auprès de cette génération. Dans les médias, on parle le plus souvent de délocalisation et de fermeture d’usines que de l’innovation industrielle. De nombreuses initiatives ont été mises en place pour répondre à cette problématique (French Fab, Semaine de l’industrie…), mais le déséquilibre entre l’offre et la demande persiste encore.

Quelles conséquences la crise sanitaire a-t-elle eu sur le recrutement des profils dans la maintenance industrielle ?

T.P. : La crise du Covid a impacté fortement certaines activités. Globalement, de nombreux sites ont dû interrompre leurs activités, réorganiser leurs outils de production et leur façon de travailler avec les gestes barrières. Des secteurs industriels comme l’automobile et l’aéronautique ont été parmi les plus touchés et connaissent des difficultés importantes en termes d’activités liées au Covid et au confinement. Dans ces secteurs-là, nous avons des perspectives en termes de recrutement moins fortes qu’avant la crise. Cela touche particulièrement les intérimaires. Leurs missions prévues pour pallier des surcroits d’activité ont été interrompues jusqu’à nouvel ordre. Néanmoins, des secteurs très dynamiques dans l’industrie recrutent toujours des techniciens de maintenance : dans la logistique, l’agroalimentaire, l’environnement, l’énergie et l’industrie pharmaceutique par exemple. Ces secteurs semblent avoir été moins impactés par la crise.

Comment avez-vous procédé pour les recrutements pendant la crise ?

T.P. : Nous avons ajusté nos méthodes de recrutement et utilisé au maximum la visioconférence. Quand cela était possible, dans le respect des mesures de sécurité, des entretiens sur site ont été organisés afin que les industriels puissent rencontrer le candidat et ainsi finaliser le processus de recrutement.  Néanmoins, nous remarquons que le télétravail constituant déjà une nouveauté pour bon nombre de sociétés, le « télérecrutement » l’est encore plus : recruter sans rencontrer physiquement son futur collaborateur n’est pas chose aisée.

Quelles sont les perspectives de recrutement des professionnels de la maintenance industrielle ?

T.P. : Hormis les secteurs les plus touchés qui ont peu de visibilité et qui ont interrompu leurs recrutements (aéronautique, automobile…), les autres secteurs continuent globalement à recruter. Il y avait des besoins et des difficultés de recrutement avant la crise sanitaire. Un technicien de maintenance reste indispensable dans une organisation et pour les secteurs dont l’activité a été maintenue ou relancée, ce sont des profils toujours recherchés. Au lieu d’avoir 3 ou 4 pistes sérieuses en simultané, ils n’auront plus « que » 1 ou 2 pistes.

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Valérie Brenugat
J’ai toujours eu le goût des sciences et de la communication notamment écrite. C’est pour cette raison que j’avais choisi de faire des études de sciences et de communication. Puis une vingtaine d’années d’expériences dans les médias, l’industrie et les organismes de recherche m’ont permis de devenir la rédactrice en chef des revues Maintenance & Entreprise et Qualité Références.
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